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dimanche 19 mai 2013

"Eaux De Nuit"

En janvier j'ai eu beaucoup de plaisir à participer au 1er challenge littéraire  proposé par Caroline sur son blog Parisian Shoe Gals.
Aujourd'hui je renouvelle l'expérience avec ce 3ème challenge d'atelier d'écriture créative.

J'ai choisi le 1er thème, écrire une scène urbaine se déroulant pendant un orage, en m'inspirant des deux premières strophes du poème de VERLAINE "Il pleure dans mon coeur".
La 1ère contrainte étant de rédiger le texte au présent et la 2nde d'y intégrer une palette de neuf couleurs.


Ce nouveau challenge à inspiré des blogueu(rs)ses à la plume talentueuse, je vous invite à découvrir leur contribution ici.
Je me lance à la dernière minute avec ce texte "Eaux De Nuit" 







"Je suis prêt à y aller, à le retrouver.

La nuit tombe, c'est le moment que je préfère.
Quand les commerces ferment à tour de rôle, quand les citadins s'empressent de rentrer chez eux après une journée de dur labeur.

Les rues se vident de leurs passants, désertées par des silhouettes ne souhaitant pas entendre la puissante symphonie du ciel qui se déchire, ni assister à ce show de sons et lumières joué par quelques Dieux qui se moquent de leur condition.

J'aime savourer le crépuscule, ce moment où la nuit se révèle peu à peu, quand le ciel ôte sa robe de flanelle tourterelle pour se parer d'une cape de velours d'un noir profond.
La nuit est maintenant mienne, elle m'accompagne vers mon destin.



Il pleut à verse, l'eau qui inonde le pare-brise se fait chant, les allées et venues des essuie-glace se font métronome.
J'allume une cigarette et regarde son foyer aurore libérer de douces volutes de fumée, avant de me caler confortablement dans mon siège et de mettre le contact.

Le reflet fleur de soufre des phares brille sur le bitume, éclairant le boulevard qui s'étale telle une  tentacule à travers la cité.  
Je l'appelle pour lui dire que je suis en ville, il ne dort pas.



Je ralentis, le bitume laisse la place à des ruelles pavées bordées de trottoirs aux contours irréguliers, je suis dans la vieille ville.
La maison n'a pas changée.
Sa façade blanche éclaire de sa lueur la nuit telle une lune pleine,  son toit aux tuiles incarnat se dresse fièrement vers le ciel et ses volets peints de vert céladon sont ouverts.

J'hésite à sortir de la voiture...
Non je dois y aller, c'est ce soir ou jamais. 



Il m'accueille sans dire un mot et m'invite à m'asseoir.
Il à pris soin de me préparer le thé que je préfère "acheté pour le jour où je reviendrais le voir", il se sert un café.

Nous sommes près de la fenêtre, écoutant les éclairs qui se taisent peu à peu et la pluie qui se fait plus mélodieuse.
Les mots se forment du bout de nos lèvres, sons timides aux pas hésitants.
Puis ils se font phrases, réminiscences qui nous entraînent au fil des heures dans une valse d'émotions et de souvenirs en clair obscur.

Nous parlons du présent, du futur, et d'avant.
D'avant la rupture.

Dans  le tourbillon des mots viennent les années gâchées, le temps qui s'en est allé.
Tout ce temps où lui seul face à sa vieillesse, toutes ces années où moi gâchant ma jeunesse.
Toute cette nuit, nos paroles et nos larmes  se déversent au rythme des gouttes de pluie.




Le jour se lève,  l'orchidée aurorale s'efface peu à peu pour laisser la place au pourpre de l'aube.
Le chant des eaux s'est arrêté, les derniers ruisseaux s''écoulent le long des pavés et hors de nos coeurs.
Nous nous sommes apaisés.

Cette nuit je suis parti de la ville l'âme en peine, noyée au plus profond d'un océan majorelle.
À l'aube de ce nouveau jour j'y retourne l'âme en paix savourant l'aube, ce moment où le jour se révèle peu à peu, quand le ciel ôte sa cape de velours noir pour se parer d'une robe de coton lavande."







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mercredi 16 janvier 2013

Challenge Littéraire # 1

Un article un peu particulier aujourd'hui...

Caroline, qui tient le blog ParisianShoeGals à eu la géniale idée de proposer  un atelier d'écriture créative, qui permet à tous ceux qui aiment écrire de relever des challenges littéraires.
Le principe de ce projet de club littéraire est simple, le plus difficile étant de trouver le temps et l'inspiration...

Une fois par mois, Caroline nous proposera un challenge d'écriture.
La forme du texte pourra être une fiction, une nouvelle, une prose.... qui devra avoir la taille d'une page word classique au maximum.

Les différentes participations seront publiées sur le blog Parisian Shoe Gals et lues par un jury qui en sélectionnera trois.
Les trois textes retenus seront ensuite soumis au vote des lecteurs sur le blog de Caroline.

Qu'y à-t-il à gagner ?
Un prix, peut-être, mais le plus important n'est-il pas de participer juste pour le plaisir ?

Si vous souhaitez participer à cet atelier, vous trouverez les infos détaillées et le règlement ici.






Challenge # 1


Vous devrez vous inspirer de la phrase qui suit, en l'interprétant de la façon qui vous conviendra.
Si cela peut vous aider, elle a été écrite dans un contexte totalement urbain donc très décalé.
Après c'est vous qui voyez, vous êtes seuls maîtres à bord.

N'entends-tu pas monter l'appel de la nuit, les cris des oiseaux de proie et la lune qui se lève alors qu'hurlent les loups...

Pour le premier challenge, une liste de quinze mots, expressions, locutions.
Comme c'est le tout début, vous aurez la possibilité d'enlever un des mots de la liste s'il vous posait trop de problèmes.
 
- écarlate

- humeur de verrat hépatique

- procrastination

- virago

- scie égoïne

- pédibus

- nonobstant

- cautèle

- caboulot

- Lacryma Christi

- des langueurs de chat

- gloser 

- ésotérique

- cicérone Celui qui sert de guide aux visiteurs d’une ville dun monument .... et commente abondement son histoire avec faconde (a la maniere dun orateur comme Ciceron)
Celui qui sert de guide aux visiteurs d’une ville dun monument .... et commente abondement son histoire avec faconde (a la maniere dun orateur comme Ciceron)

- pérégrination 



Voici ma participation


" Il fallait que je sorte...

Cette chambre minable, pleine de cafards aux murs moisis m'étouffait.
Qu'est-ce que j'étais venu foutre dans ce bled ?
Je n'aurais jamais dû répondre à cette petite annonce "recherche pour quelques mois homme bricoleur, nourri/logé/blanchi + petit salaire en échange de travaux dans une ferme"

Mes pérégrinations aux quatre coins du monde devaient bien s'arrêter un jour, j'étais à sec.
Tout l'héritage que j'avais reçu de mon père était parti en fumée.

Nonobstant la possibilité de reprendre l'entreprise familiale, j'avais décidé de tout plaquer.
Je ne voulais pas retourner dans cette ville où j'avais grandi et supporter de nouveau cette ambiance familiale où chaque membre ne fait que gloser sur tout un chacun à longueur de journée. 
De toute façon ma tendance à la procrastination m'aurait attirée des ennuis à court terme.

Je pris donc, pédibus, la direction de la ville.
Le vieux qui me louait ma chambre m'avait parlé d'un caboulot, me détaillant tel un cicérone les soirées qu'il y avait passées en compagnie de filles de joie.

Après une heure de marche, j'arrivais devant ce cabaret et en franchissais la porte.
Le parquet en bois usé faisait un bruit de scie égoïne à chacun de mes pas.

Une virago m'accueillit à l'entrée avec une certaine cautèle.
Sa taille imposante et son humeur de verrat hépatique faillirent me faire rebrousser chemin, mais j'avais trop longtemps marché pour venir jusque là et j'avais soif.

J'écartais le rideau de velours écarlate, pour découvrir une salle vide.
Derrière le zinc, la barmaid s'approcha de moi, se déhanchant avec des langueurs de chat et me dit "Je vous attendais".
Sans chercher à comprendre je commandais un verre de Lacryma Christi, fort étonné de voir sur l'une des étagères une bouteille de ce vin que j'appréciais particulièrement.

La serveuse était très jolie et sa présence tranchait avec les lieux.
Elle me laissa boire quelques verres tout en m'observant, puis prit la parole et commença à me parler de mon passé, de mes voyages, de mes secrets.
Elle savait tout de moi.

Où diable donc étais-je tombé ?
Je ne croyais pas à tous ces trucs ésotériques, voyance et autres fantaisies, mais son regard brillant qui me fixait et me tétanisait m'empêchait de réagir et je l'écoutais, comme hypnotisé.

J'avais bu trop de vin et la tête me tournait, elle me proposa d'aller m'allonger sur une banquette en attendant le lever du jour, chose que je fis, bien que méfiant, mais mon état ne me permettait pas de résister et la nuit était deja bien avancée.

Le jour se leva, j'étais dans ma chambre.
Comment étais-je rentré, quelqu'un m'avait-il raccompagné ?

Les brumes de mon cerveau étaient opaques, mon dernier souvenir était le contact de la banquette où je m'étais écroulé.

Un détail retenu mon attention, sur la table de chevet il y avait une enveloppe.
Je l'ouvris, elle contenait un billet de train en aller simple pour Prague et une adresse écrite à la main au dos d'une carte à jouer.
Je retournais la carte, elle provenait d'un Tarot de Marseille, l'Arcane X, La Roue de Fortune.

C'était sûrement un signe, mais de qui ?
Je repensais soudainement à cette femme derrière le bar.

Sans réfléchir, je fis mon sac et parti en direction de la gare.
Je ne savais pas ce qui m'attendais,  peut-être était-ce un piège, mais la perspective d'aller vers l'inconnu était plus forte que tout.

Il fallait que je parte... "







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